L’Alliance de mars 2010, pire que l’Alliance 2004
 De 2004 à 2010, à la Réunion, pour 150 à 200 000 personnes, prendre l’avion ne pose aucun problème financier, quel que soit les prix des billets. Tous les élus, tous les fonctionnaires de hauts rangs, tous les bénéficiaires de généreuses subventions publiques qu’ils peuvent dépenser en billets d’avion avec bien peu de contrôles, tous les dirigeants syndicalistes, tous les dirigeants ou cadres d’entreprises aisées, toutes les personnes aux revenus conséquents, tout ce petit monde pour qui, à l’avantage de voyager autant que de besoin, s’ajoute souvent le privilège des si généreux miles gratuits, est resté de 2004 à 2010 étrangement et solidairement silencieux devant l’inacceptable inégalité économique et l’injustifiable scandale de la ghettoïsation par l’argent de 600 à 650 000 de leurs concitoyens, Réunionnais de second rang. Ainsi la réalité quotidienne atteste pour une large majorité que notre île, profondément clivée en deux sociétés, la « Réunion d’en Haut » et la « Réunion d’en Bas », porte bien mal et bien injustement son nom : Réunion.
Comment et pourquoi cette cruelle et inadmissible réalité, subie par la grande majorité des Réunionnais et suscitant de plus en plus de mécontentement, a-t-elle pu être totalement ignorée par l’ensemble de tous ceux, politiques, de droite comme de gauche, fonctionnaires, syndicalistes, militants associatifs sociaux, sportifs, culturels, qui dirigent notre île ? Alors que le Président de la République, par l’intermédiaire de son Délégué Interministériel et du Gouvernement, pose le problème récurrent de cette ghettoïsation d’une population insulaire captive devenue des « vaches à lait » et d’un tourisme « verrouillé » par les scandaleux et iniques abus tarifaires des compagnies aériennes, les dirigeants de la région et de leur compagnie Air Austral, se sont entêtés à maintenir et faire perdurer contre l’intérêt général de la très grande majorité des Réunionnais l’inégalité et l’injustice économique, garantes du maintien de leur emprise et de leurs pouvoirs sans limites sur l’argent public dont ils disposent selon leurs intérêts et surtout selon leur bon vouloir, ne tenant plus nul compte de leurs concitoyens. Ainsi, face à l’aspiration légitime de centaines de milliers de Réunionnais d’accéder aux déplacements aériens aux justes prix, il a été répondu avec ironie, morgue et mépris par les deux vieux dirigeants d’Air Austral : attendez sagement et patiemment 2015, voire 2016, car nous avons prévu pour vous « des LENDEMAIN QUI VONT VOYAGER » grâce à notre SOLUTION GLOBALE à moins 30% … de quoi ? des prix exagérément abusifs ?Â
Tous ceux qui connaissent l’univers impitoyable de l’aérien international savent très bien qu’Airbus a pris un énorme retard sur ses productions des A 380 commandés en très grand nombre par de puissantes compagnies et n’a même pas commencé sa production du A 350 lui aussi largement commandé. A quels coûts et avec quelles garanties réelles, dans 5 à 6 ans, les Réunionnais vont-ils pouvoir bénéficier de la « solution globale » de nos deux dirigeants d’Air Austral ? Quel crédit peut-on accorder aux propos d’un représentant de commerce d’Airbus, qui comme nos vendeurs d’automobiles locaux, vient « ratisser » 500 000 000 €, sur le dos des Réunionnais ? A ce prix là , ne peut-il pas tout nous promettre et bien nous vanter en « parfait trousseautier » le « génie » de cette « solution globale » ?
Alors, de 2010 jusqu’en 2014, comment fait-on pour ces « prix invraisemblables » qui ghettoïsent la moitié des Réunionnais et qui verrouillent le tourisme ? Peut-on avec l’Alliance 20109 croire et se laisser bercer par des promesses de continuité territoriale et de « bas prix » qui risquent d’être à l’image des promesses de route littorale de 1998 toujours restée au stade de promesse ?                          Â
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Publié le 22 février, 2010 · Imprimer l'article · Classé dans la catégorie : Articles publiés, Continuité territoriale
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