Les « fausses taxes » des compagnies et le prix « continuité territoriale »
Les compagnies aériennes qui desservent la métropole et la Réunion, comme malheureusement toutes les compagnies françaises, européennes et sans doute mondiales, utilisent de façon peu honnête le mot « taxes » pour désigner le coût d’une partie de leurs charges, kérosène et sécurité. Ainsi, comme le dénonçait avec justesse en mars 2009 la Chambre de Commerce de la Réunion, gestionnaire de l’aéroport, cette présentation faisait penser de façon malhonnête que la cherté abusive des billets d’avion au départ de la Réunion résultait pour une bonne part des « taxes excessives », étant admis qu’une « taxe » était, comme un impôt, une somme due.
L’exemple d’analyse du coût d’un billet donné par la CCIR était édifiant. Sur un billet en classe économique vendu par une compagnie 852,24 €, celle-ci présentait le prix de son billet  hors « taxes » à 612 €, soit 72% et les « taxes » à 240,24 €, soit 28%. La réalité est toute autre. En effet, sur les 240,24 € présentées en « taxes », le montant réel des  « taxes et redevances » perçues par la C.C.I.R. et les douanes n’est que de 73 € !!! les compagnies récupérant en fait, sous l’intitulé mensonger de « taxes », la somme de 167,24 €, leur billet coûtant en réalité 779,24 € !Â
Pour le financement des aides aux billets « continuité territoriale », qui s’effectue par l’argent public de l’Etat et de la région, il importe que les « taxes » bidon des compagnies soient éliminées et que le prix unique toute l’année du billet « continuité territoriale » soit transparent. Ce prix, négocié avec les compagnies, au nom de l’intérêt général, doit être le JUSTE PRIX économique aussi bien pour les usagers que pour les compagnies et ne doit pas constituer, comme cela a été trop longtemps le cas, une subvention publique déguisée. Le dispositif de « continuité territoriale » pour les passagers qui doit progressivement être mis en place au service de TOUS les Réunionnais pour compenser les handicaps de l’éloignement, de l’insularité et du plus faible PIB,  ne doit en aucun cas se limiter à « une aide sociale » pour 40 000 personnes, soit 2,5% de la population. Il doit constituer, avec les moyens financiers impartis, un outil rigoureux du développement économique accessible au plus grand nombre. Sur les 600 000 sièges en classe économique actuellement proposés par les compagnies, il est vital que 15 % de ces sièges, 90 000 sièges, soient chaque année mis à la disposition des Réunionnais, à un JUSTE PRIX « continuité territoriale », que nous estimons à 600 € auquel s’ajoutent 80 € de « taxes réelles » et 20 € prélevés pour la gestion du dispositif par la région et le groupement d’intérêt public continuité territoriale.
Ainsi, il importe que le nouveau dispositif de continuité territoriale soit, en toute transparence, au service de TOUS les Réunionnais, avec et par les Réunionnais via l’action publique et la mobilisation du Collectif « l’aérien au service de TOUS les Réunionnais ». C’est ce combat que nous invitons les associations sportives, culturelles, sociales, syndicales, à partager avec ce Collectif.            Â
Contact : stopaugaspillage@izi.re
Publié le 25 juillet, 2010 · Imprimer l'article · Classé dans la catégorie : Articles publiés, Continuité territoriale
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